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H.B.over-blog.com une vie à Valréas

chronique de la vie Valréassienne

Aimez-vous les uns les autres!

Publié le 26 Janvier 2014

La crainte de la différence, allant parfois jusqu'à son refus, est un réflexe largement répandu : Les enfants ont peur de se distinguer des autres, les adolescents sont les premiers à suivre les modes. Mais bien plus grave, les adultes se méfient presque instinctivement de tous ceux qui n'appartiennent pas à leur collectivité, entraînant rivalités de palier, discussion entre nations, haines religieuses ou raciales. Et pourtant ce réflexe est à la fois un non-sens biologique et une erreur fondamentale sur le plan culturel.

D'abord chaque être vivant est différent : il est même unique tant il y a de versions possibles dans sa composition chimique, c'est le produit d'un mélange de caractères paternels et maternels, ceux-ci provenant eux-mêmes d'un mélange des caractères (ou gènes) des quatre grands-parents. De plus, ces caractères présentent dans les populations de multiples variantes. Pour l'homme, le nombre de ces combinaisons possibles dépassent, a-t-on dit, le nombre des atomes contenus dans tout l'univers connu.

A chaque génération apparaissent donc, fruits de la loterie génétique, des êtres nouveaux, uniques, car formes d'une combinaison entièrement nouvelle des caractères génétiques. La nature a bien pris soin d'assurer que ce mélange se reproduise à intervalles réguliers : le sexe et la mort le répète à chaque génération.

Ensuite, selon le processus darwinien de la sélection naturelle, les individus ayant reçu, par hasard, les combinaisons les rendant les plus aptes à vivre dans un certain milieu, survivent et ont le plus de descendants, alors que les moins aptes en ont moins.

Ainsi, grâce à la diversité qui les compose, une espèce pourra-t-elle s'adapter à d'éventuels changements d'environnements, de climats ou à l'apparition de nouveaux parasites ou agents pathogènes. LA DIFFÉRENCE ENTRE LES INDIVIDUS EST DONC UNE NÉCESSITÉ ABSOLUE POUR LA PERPÉTUATION D'UNE ESPÈCE. Elle est la base de toute vie animale et végétale.

Enfin, l'environnement façonne les variétés à l'intérieur des espèces : L'hirondelle nord-africaine n'est pas identique à celle de Norvège, le peuplier d'Italie diffère de celui du Nord de l'Europe, le type humain méditerranéen diffère du type nordique, etc.

Sur l'homme moderne l'influence de l'environnement joue peut-être moins qu'autrefois, mais son rôle est déterminant sur son psychisme. Deux vrais jumeaux qui ne diffère en rien sur le plan génétique subissent, surtout s'ils sont séparés, des influences externes différentes, et deviennent ainsi deux êtres différents. Seul, l'homme passe de l'individualité à la personnalité parce que seul il s'approprie à partir de son milieu social un patrimoine culturel.

De ces considérations, il apparaît donc clairement que l'unicité de chaque homme lui confère une dignité particulière donnant, s'il en était besoin, une raison supplémentaire de le respecter, que cette unicité ne doit pas faire oublier que l'homme appartient à la grande famille de l'humanité qui, elle aussi, est unique, QUE LA NOTION DE "PURETÉ DE LA RACE" EST UN CONTRESENS ABSOLU, CAR TOUTE UNIFORMISATION CONDUIT A LA MORT.

Ainsi, sans perdre son identité, un peuple doit favoriser l'introduction de nouveaux gènes venus d'ailleurs. Enfin, pour l'homme, la part de l'acquis dans le développement de l'esprit est primordial.

Dans le creuset de l'Europe de l'Ouest s'est développé une collectivité humaine caractérisée par quelques traits génétiques communs Le long isolement relatif des provinces, les mariages de village à village, la diversité des climats et des origines ont favorisé les différences que nous constatons et que les facilités de communication actuelles tendent à effacer.

Ces variétés biologiques se transposent aisément par analogie sur le plan culturel. La diversité des cultures vivantes et authentiques, telles qu'elles étaient encore nombreuses au siècle dernier est un trésor inestimable. La disparition d'une culture est une perte irréparable au même titre que la disparition d'une espèce animale ou végétale.

Chaque culture se caractérise par ses moeurs, sa conception de la place de l'homme dans l'univers, ses croyances. Chacune à ses rites, ses habitudes vestimentaires, chacune contribue à la prodigieuse diversité des arts plastiques ou architecturaux, des musiques, des rythmes, des danses ou tout autre manifestations de l'imagination créatrice de l'homme. Chacune a apporté à l'humanité des découvertes scientifiques ou de nouvelles technologies venant soulager le travail ou les souffrances. Ces idées, ces danses, ces méthodes sont, comme en biologie, le fruit des multiples interactions entre l'homme et son milieu.

Les différences entre les cultures permettent non seulement les comparaisons, la confrontation des idées, des idéologies et des aspirations, elles permettent aux concepts de s'élargir et de s'enrichir. Elles permettent la diffusion des découvertes et des technologies dans l'ensemble du corps de l'humanité, en un mot, elles permettent l'évolution par le choix des valeurs les plus hautes. C'est de la sorte, par palier, que depuis des millénaires a progressé l'évolution culturelle de l'humanité.

LA DIVERSITÉ DES CULTURES EST DONC UNE RICHESSE INESTIMABLE QU'IL FAUT PRÉSERVER JALOUSEMENT.

Pour que la diversité persiste, il faut que les cultures restent vivantes, c'est à dire susceptibles d'évolution au contact des autres. LE FOLKLORE EST UNE CULTURE PÉTRIFIÉE.

Mais le fait essentiel est la cohabitation harmonieuse de ces diverses cultures, cohabitation acceptée sans discrimination, sans arrière-pensée, sans idée préconçue. Parmi celles-ci la plus néfaste est d'établir une hiérarchie parmi les cultures- la sienne étant bien entendu supérieure.

Or, de même qu'il n'y a pas de hiérarchie entre les hommes et les femmes-ils sont simplement différents-de même, il n'y a pas de hiérarchie entre les cultures : elles sont heureusement différentes.

Nous sommes actuellement confrontés à deux risques majeurs, celui de l'uniformisation et celui de l'intolérance :

L'uniformisation des cultures, comme en biologie, conduit à l'arrêt de l'évolution, donc à la mort.

L'intolérance sécrète, pire que l'ennui, les conflits fratricides et abouti, par incompréhension et fermeture des frontières, au même résultat que l'uniformisation : L'arrêt de l'évolution.

La sagesse réside donc par conséquent dans l'ouverture, dans l'écoute de l'autre, dans un esprit de complète égalité. Antoine de Saint-Exupéry à magnifiquement résumé cette attitude d'esprit :

"SI TU DIFFÈRES DE MOI, FRÈRE, LOIN DE ME LÉSER, TU M'ENRICHIS."

Professeur Jean Dausset

Prix Nobel de physiologie et de médecine en 1980

In "Courrier de l'unesco" (Septembre 1986

Commenter cet article

maevina 26/01/2014 10:49

bien dit Monsieur, mais malheureusement .............................